STRANGEGAME · Méthodologie

D'où vient chaque chiffre

Cette simulation estime l'ordre de grandeur des conséquences - elle ne prédit pas un événement précis. Chaque chiffre a une source. Les voici toutes, avec ce que ces sources ne peuvent pas faire.

Le plus important d'abord : tous les chiffres sont indicatifs et non revus par les pairs. Les coefficients physiques proviennent de la littérature publique, mais ils doivent encore être calibrés et vérifiés avec un physicien. Si vous repérez une erreur, écrivez-nous - nous la corrigerons et vous créditerons.

Physique de l'explosion

Les rayons de la boule de feu, des zones de surpression (20, 5 et 1 psi) et du rayonnement thermique varient avec la puissance selon une loi en racine cubique et des lois de puissance - le traitement habituel dans la littérature sur les effets des armes nucléaires.

Glasstone & Dolan, « The Effects of Nuclear Weapons » (1977). La même mise à l'échelle est utilisée par NUKEMAP (Alex Wellerstein, nuclearsecrecy.com), l'outil public le plus connu de ce genre.

Estimation du nombre de victimes

L'estimation multiplie la densité de population par les surfaces des zones de surpression, avec une proportion de tués différente selon la zone (plus près du centre - proportion plus élevée). Le nombre d'ogives qui frappent la ville augmente légèrement le chiffre, mais celui-ci sature : la première ogive rase déjà les zones de surpression, si bien que les détonations qui se chevauchent ajoutent peu. C'est pourquoi un « bouclier » qui intercepte quelques ogives ne change pas fondamentalement le résultat - deux suffisent.

Une estimation grossière fondée sur les zones de Glasstone & Dolan. Ne remplace pas une véritable étude des pertes humaines.

Densité de population

Actuellement, on utilise une estimation selon la taille de la ville (d'après la population de la localité) : village ~900, bourg ~1 600, ville ~2 800, grande ville ~4 200, métropole ~6 500 habitants/km². La même puissance tue donc différemment selon les endroits - mais cela reste une approximation.

Prévu : GHSL (Global Human Settlement Layer, Commission européenne) - densité maillée à l'emplacement exact plutôt qu'une estimation par tranches.

Lieu, hôpitaux et écoles

La ville ainsi que les hôpitaux et écoles à proximité proviennent de la base OpenStreetMap (géocodage inverse via Nominatim, objets via l'API Overpass). Les données dépendent du degré de complétude d'OSM pour un lieu donné - à certains endroits il y a un hôpital nommé, à d'autres non.

© Contributeurs OpenStreetMap. Nominatim et l'API Overpass.

Vent et retombées radioactives

La direction du vent est réelle, en temps réel. Le nuage sur la carte - fumée, poussière, particules radioactives et vapeur d'eau qui dérivent avec le vent - est une illustration simplifiée de la direction et de l'ordre de grandeur, et non un modèle de dispersion validé.

Open-Meteo (open-meteo.com), direction actuelle du vent à 10 m.

Ce que ceci n'est pas

Nous cherchons un physicien ou une chercheuse pour vérifier et calibrer les coefficients. Si vous en êtes capable ou si vous savez à qui nous adresser - faites-nous signe. Un nom d'expert ici vaut plus que tout le marketing du monde.

Le cadre juridique

Les règles que la simulation imprime après la frappe n'ont pas été inventées pour un jeu. Ce sont des principes du droit international humanitaire - les Conventions de Genève de 1949 et le Protocole additionnel I de 1977 : distinction entre combattants et civils, proportionnalité, précaution dans l'attaque, protection des blessés et du personnel médical, protection des biens culturels et religieux, interdiction des moyens causant des souffrances inutiles et protection particulière des enfants.

La simulation ne note pas la personne qui joue. Elle montre autre chose : avec une arme de cet ordre, ces règles ne sont pas enfreintes par une erreur d'exécution. Une boule de feu ne distingue pas une caserne d'une école, et les retombées ne respectent aucune frontière - il n'existe ni puissance, ni cible, ni circonstance qui laisserait cette liste vide.

Ce qu'a dit la Cour internationale de justice

Dans son avis consultatif du 8 juillet 1996, la Cour a jugé à l'unanimité que la menace ou l'emploi d'armes nucléaires doit respecter les règles du droit humanitaire, et qu'un tel emploi y serait généralement contraire. La Cour s'est toutefois divisée - sept voix contre sept, tranchées par la voix du président - sur le cas extrême de la légitime défense où la survie même d'un État est en cause ; elle n'y a conclu dans aucun sens. Nous précisons cette nuance à dessein : l'avis est souvent cité comme une interdiction totale, et il ne l'est pas.

Le Traité sur l'interdiction des armes nucléaires

Le TIAN interdit aux États qui y ont adhéré de mettre au point, de posséder, d'employer ou de menacer d'employer des armes nucléaires. En vigueur depuis le 22 janvier 2021, il compte environ 75 États parties et 25 signataires supplémentaires qui ne l'ont pas ratifié. Aucun État possédant ces armes n'en fait partie. Vérifiez si votre pays en fait partie.

Conventions de Genève et Protocole additionnel I (CICR) ; Cour internationale de justice, avis consultatif du 8 juillet 1996 ; Traité sur l'interdiction des armes nucléaires (ONU, 2017) - état des signatures et ratifications fin 2025.

Nous souhaitons faire relire cette section par une personne qui travaille en droit international humanitaire. Si c'est votre cas, ou si vous savez à qui nous adresser - écrivez-nous.